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Éviter les conflits de lois : sécuriser efficacement un testament en contexte international

Publié le : 21/07/2026 21 juillet juil. 07 2026

Anticiper le règlement d’une succession comportant un élément d’extranéité constitue un enjeu opérationnel majeur pour le praticien. Pluralité de nationalités, résidence à l’étranger ou détention de biens situés dans plusieurs États exposent la transmission à des conflits de lois et à des difficultés d’exécution. Dans ce contexte, le testament international apparaît comme un instrument central de planification, à la condition d’en sécuriser tant la validité formelle que l’efficacité au regard de la loi successorale applicable.

Comment sécuriser la validité formelle d’un testament en contexte international ?

La Convention de La Haye du 5 octobre 1961 instaure un mécanisme de reconnaissance souple des dispositions testamentaires. Un testament est valable quant à sa forme s’il satisfait à l’une des lois énumérées par le texte, notamment celle du lieu de rédaction, celle de la nationalité du testateur, de son domicile ou de sa résidence habituelle, appréciées au jour de l’acte ou du décès. Pour les immeubles, la loi du lieu de situation du bien peut également être retenue. Cette pluralité de rattachements autorise la rédaction d’un testament en France ou à l’étranger, dès lors que la forme adoptée est admise par l’ordre juridique concerné. En droit français, les formes usuelles demeurent le testament olographe, intégralement écrit, daté et signé de la main du testateur, et le testament authentique reçu par notaire. Même en présence d’un acte olographe, le dépôt au rang des minutes d’un notaire favorise sa conservation et sa révélation au décès.

Quelle loi régira la succession et l’efficacité des dispositions testamentaires ?

La seule régularité formelle ne garantit pas l’efficacité des stipulations. En application du règlement (UE) n° 650/2012, la loi applicable à l’ensemble d’une succession internationale est, en principe, celle de la dernière résidence habituelle du défunt. Le testateur peut toutefois opter, par une clause expresse, pour la loi de l’État dont il possède la nationalité. Cette professio juris permet de stabiliser le cadre juridique de la transmission, de protéger le conjoint survivant ou d’éviter l’application inattendue d’un droit étranger. Le testament peut organiser des legs, désigner un exécuteur testamentaire ou prévoir des mesures relatives aux enfants mineurs. Son efficacité demeure cependant subordonnée aux limites posées par la loi successorale applicable, notamment en présence d’héritiers réservataires en droit français. Une analyse préalable de la situation personnelle et patrimoniale s’avère ainsi déterminante pour assurer la pleine effectivité des volontés exprimées, en France comme à l’étranger.

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