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Renoncer à une succession dispense-t-il du paiement des frais d’obsèques ?

Publié le : 10/06/2026 10 juin juin 06 2026

Le règlement des frais d’obsèques constitue une difficulté immédiate pour les familles, en particulier lorsque l’un des proches envisage de renoncer à la succession. Contrairement à une idée répandue, cette renonciation ne met pas systématiquement l’intéressé à l’abri de toute contribution financière. En présence d’un ascendant ou d’un descendant, le droit positif maintient, dans certaines limites, une obligation de prise en charge des frais funéraires.

Une contribution maintenue malgré la renonciation à la succession

En principe, l’héritier qui refuse une succession n’est pas tenu des dettes et charges successorales. Toutefois, l’article 806 du Code civil prévoit une dérogation expresse : le renonçant demeure tenu, à proportion de ses facultés contributives, au paiement des frais d’obsèques de l’ascendant ou du descendant dont il écarte la succession. Cette règle s’inscrit dans le prolongement de l’obligation alimentaire existant entre membres d’une même famille. Ainsi, un enfant peut être appelé à participer aux frais funéraires de son parent, alors même qu’il a refusé d’hériter. L’effort financier exigé est apprécié au regard des ressources de chacun. Des circonstances particulières, notamment un manquement grave du défunt à ses obligations familiales, peuvent toutefois être prises en considération dans l’évaluation de cette contribution.

Répartition des frais et intervention de la banque

Lorsque l’un des proches avance les frais d’obsèques, il dispose d’un recours contre les autres héritiers ou descendants afin d’obtenir le remboursement de leur quote-part. Si l’actif successoral permet de couvrir la dépense, celle-ci est en principe répartie entre les héritiers proportionnellement à leurs droits. En cas d’insuffisance d’actif, la charge peut être assumée par les descendants en fonction de leurs moyens respectifs. En présence d’un désaccord, une tentative amiable peut être engagée. À défaut d’accord, la juridiction compétente, notamment le juge aux affaires familiales, peut être saisie pour fixer la répartition des sommes dues. Par ailleurs, la banque du défunt est autorisée à prélever sur les comptes les sommes nécessaires au paiement des obsèques, dans la limite des fonds disponibles et d’un plafond de 5 965 euros. La production de la facture acquittée est requise. Au-delà de ce seuil, des justificatifs successoraux, tels qu’un acte de notoriété ou l’intervention d’un notaire, peuvent être exigés.

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