La France peut reconnaître un divorce étranger malgré des conditions différentes selon le sexe
Faire produire en France les effets d’un divorce prononcé à l’étranger peut soulever une difficulté lorsque la législation appliquée impose aux époux des conditions différentes selon leur sexe. La Cour de cassation admet néanmoins la reconnaissance d’une telle décision lorsque l’époux soumis au régime le moins favorable a lui-même engagé la procédure et que les garanties essentielles ont été respectées.
Une épouse avait choisi en Algérie un divorce assorti d’une contrepartie financière
Alors qu’elle résidait en France, une épouse avait saisi une juridiction algérienne afin d’obtenir un divorce selon le mécanisme du « khol’â ». Cette procédure lui permettait de divorcer sans l’accord de son conjoint, sous réserve du paiement d’une compensation financière.
Le divorce avait été prononcé le 28 avril 2019. En 2022, le mari avait sollicité son exequatur en France. Cette procédure vise à rendre une décision étrangère exécutoire sur le territoire français, notamment lorsque l’exécution forcée des obligations fixées par le jugement est recherchée.
L’épouse contestait cette demande. Elle soutenait que les règles appliquées lui étaient moins favorables en raison de son sexe et que cet obstacle ne pouvait être écarté que si elle sollicitait personnellement la reconnaissance du jugement.
Le respect de l’ordre public international permet l’exequatur du divorce
La convention franco-algérienne conditionne la reconnaissance du divorce étranger au respect de l’ordre public international français. Celui-ci recouvre les principes fondamentaux auxquels une décision étrangère ne peut porter atteinte, parmi lesquels figurent l’égalité entre les époux et les droits de la défense.
La cour d’appel avait accordé l’exequatur après avoir constaté que l’épouse avait librement choisi de demander le divorce en Algérie, qu’aucune fraude n’était démontrée et que chaque époux avait pu présenter ses arguments. Elle avait aussi pris en considération les condamnations financières supportées par le mari, lesquelles contrebalançaient la compensation mise à la charge de l’épouse.
La Cour de cassation confirme ainsi qu’une décision fondée sur une loi instituant un accès inégal au divorce peut produire effet en France lorsque l’époux défavorisé a lui-même demandé la rupture, a pu faire valoir ses droits et qu’aucune autre contrariété à l’ordre public, tenant au contenu du jugement ou à la procédure suivie, n’est caractérisée.
Historique
-
La France peut reconnaître un divorce étranger malgré des conditions différentes selon le sexe
Publié le : 07/10/2026 07 octobre oct. 10 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionFaire produire en France les effets d’un divorce prononcé à l’étranger peut soulever une difficulté lorsque la législation appliquée impose aux époux des conditions différentes...
-
Apport-cession : anticiper le réinvestissement pour préserver le report d’imposition
Publié le : 07/10/2026 07 octobre oct. 10 2026Brèves Juridiques / Droit fiscalLe mécanisme d’apport-cession permet aux dirigeants et associés qui envisagent la transmission de leur entreprise de réinvestir une partie du produit de cession dans de nouveaux...
-
PLF 2027 – Commentaire des principales mesures fiscales
Publié le : 06/10/2026 06 octobre oct. 10 2026Brèves Juridiques / Droit fiscalLe projet de loi de finances pour 2027, a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre dernier. Celui-ci comporte plusieurs dispositions fiscales notables pour les entrepri...
-
Actions gratuites : quelle fiscalité au moment de l'acquisition et de la cession ?
Publié le : 01/10/2026 01 octobre oct. 10 2026Actualités du cabinetL’attribution gratuite d’actions constitue un outil privilégié pour associer les salariés et les dirigeants à la performance de l’entreprise. Prévu par les articles L. 225-19...
-
Comment déterminer si l’usage de plaisance d’un navire ouvre droit à l’exonération de TICPE ?
Publié le : 23/09/2026 23 septembre sept. 09 2026Brèves Juridiques / Droit fiscalLe recours à un navire pour des activités de plaisance ne fait pas, à lui seul, obstacle à l’exonération de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. L’appl...
-
Taxe sur les salaires et directive mère-fille
Publié le : 10/09/2026 10 septembre sept. 09 2026Actualités du cabinetLe Conseil d'État interroge la CJUE : les entreprises doivent agir sans attendre Par une décision du 7 juillet 2026, le Conseil d'État a saisi la Cour de justice de l'Union e...
